10 juin 2026
Au fil des années, les chercheurs se sont efforcés de déterminer les causes de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie qui affecte les cellules nerveuses du cerveau et de la moelle épinière. Bien que l’on pense que la génétique joue un rôle clé dans l’apparition de cette affection, ce n’est pas la seule en cause.
Certaines études ont suggéré que divers facteurs environnementaux, professionnels et liés au mode de vie – notamment l’exposition aux pesticides, la pollution atmosphérique et certaines expositions sur le lieu de travail – pourraient également jouer un rôle dans le risque de SLA chez une personne.
Au cœur de cette recherche se trouve le concept de l’exposome de la SLA. Cela fait référence à l’accumulation, tout au long de la vie, des expositions environnementales et liées au mode de vie qui peuvent influencer le risque qu’une personne développe la SLA.
« On peut le considérer comme tout ce à quoi on est exposé, que ce soient des toxiques, des polluants, des médicaments ou des facteurs physiques », indique Stephen Goutman, professeur associé de neurologie à l’Université du Michigan à Ann Arbor, qui a coécrit une revue sur la recherche de l’exposome. « C’est l’historique d’exposition d’une vie entière. »
Voici quelques exemples d’expositions environnementales étudiées en lien avec le risque de SLA incluent:
- Pesticides : Les recherches ont suggéré de manière constante un lien entre l’exposition aux pesticides et le risque de SLA. Par exemple, certaines études ont établi un lien entre l’exposition professionnelle ou résidentielle aux pesticides, le fait de vivre à proximité de zones où l’utilisation de pesticides est plus importante, ou le stockage de pesticides à domicile avec le risque de SLA. Certaines études ont également révélé que les personnes atteintes de SLA présentaient des taux plus élevés de certains pesticides ou polluants apparentés dans le sang que les personnes non atteintes de SLA.
- Professions et expositions professionnelles : certaines professions, notamment celles liées à la production ou à la fabrication, à la mécanique, au bâtiment et à l’agriculture, ainsi que les expositions associées aux pesticides, aux solvants, aux métaux, aux particules et à d’autres polluants, ont été associées à un risque accru de SLA.
- Métaux lourds : l’exposition à des métaux lourds tels que le plomb, le mercure, le cadmium et le zinc a également été étudiée en relation avec le risque de SLA.
- Pollution atmosphérique : des études suggèrent qu’une exposition prolongée à la pollution atmosphérique pourrait contribuer au risque de SLA. Goutman et ses coauteurs ont noté dans leur analyse que les niveaux de certains polluants étudiés dans ce contexte étaient inférieurs aux limites fixées par l’Organisation mondiale de la Santé, ce qui laisse penser que les directives réglementaires pourraient nécessiter un réexamen.
- Champs électromagnétiques : certaines recherches suggèrent un lien potentiel entre les champs électromagnétiques et le risque de SLA, notamment en cas d’exposition professionnelle. Les preuves concernant l’exposition résidentielle sont contradictoires.
Certains facteurs liés au mode de vie et aux antécédents personnels qui ont été étudiés dans le cadre de l’exposome de la SLA comprennent :
- régime
- niveau d’éducation
- historique de traumatisme crânien
- consommation d’alcool
- tabagisme
- intensité d’exercice
Ce que l’exposome de la SLA peut et ne peut pas nous apprendre
À l’heure actuelle, les scientifiques ne peuvent pas identifier quels facteurs spécifiques déterminent si une personne développera la SLA.
« Je dirais qu’en ce moment, nous ne connaissons pas les facteurs causaux exacts chez un individu en particulier », déclare Goutman. « Donc, je ne peux pas examiner un patient en particulier que je vois et dire que le facteur A, B et C vous a conduit à développer la SLA. »
Et pourtant, les liens entre certains facteurs environnementaux et le risque global de SLA sont plus forts que d’autres.
« Je pense que lorsque nous examinons les études menées à travers le monde, lorsque nous analysons des grandes populations de personnes atteintes de SLA et que nous les comparons à des individus non atteints de SLA », explique-t-il, « il y a un certain nombre de facteurs qui tendent à se retrouver en tête de cette liste d’expositions ou de polluants qui nous préoccupent le plus. »
Selon Goutman, il s’agit notamment de :
- pesticides
- métaux lourds
- travaux manuels pénibles, notamment les emplois dans la production, la construction et l’extraction, comme ceux liés à l’exploitation minière et à l’extraction des métaux lourds.
Recherches futures et potentiel de prévention de la SLA
Les chercheurs espèrent qu’un jour, ils comprendront mieux ce qui amène une personne à développer la SLA. Tout aussi important, dit Goutman, il est essentiel de comprendre quelles personnes sont les plus susceptibles de développer la SLA en fonction de leur historique d’exposition antérieure, ou de leur exposome.
« Cela nous met vraiment en position de réfléchir à la prévention », dit-il.
Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires. Par exemple, les scientifiques devraient comprendre comment identifier les personnes qui pourraient présente un risque plus élevé en raison de certaines expositions, qui, à leur tour, pourraient interagir avec des facteurs génétiques ainsi que d’autres.
« Et alors, quelles sont nos opportunités et nos capacités pour modifier la manière dont leurs expositions peuvent continuer à causer des maladies ? » s’interroge Goutman.
Bien qu’il n’existe à l’heure actuelle aucune mesure éprouvée de prévenir la SLA, il existe des recommandations générales visant à favoriser la santé cérébrale globale. Celles-ci s’appuient en grande partie sur les recherches menées sur d’autres maladies neurodégénératives.
« À ce stade, je dirais que nous ne disposons pas de preuves scientifiques qui nous indiquent que si une personne fait A, B, C et D, son risque de SLA sera réduit », déclare Goutman. « Cela dit, nous savons qu’il existe des études qui examinent certains de ces facteurs de risque modifiables de la démence, par exemple. »
« À ce stade, je dirais que nous ne disposons pas de preuves scientifiques permettant d’affirmer que la mise en œuvre des actions A, B, C et D réduira le risque de développer une SLA », explique Goutman. « Cela dit, nous savons que certaines études portent sur les facteurs de risque modifiables de la démence, par exemple. »
Les actions qui favorisent la santé cérébrale globale de la population comprennent :
- éviter de fumer et le tabagisme passif
- limiter l’alcool
- adopter une alimentation saine
- rester physiquement actif
En définitive, concernant le risque de SLA, les chercheurs s’efforcent encore de comprendre les interactions complexes entre les facteurs génétiques et non génétiques, notamment ceux de l’exposome.
L’espoir est d’utiliser ce travail comme base pour de futurs traitements et, un jour, des stratégies susceptibles de contribuer à prévenir la maladie.
Übersetzung: Viviane
Source: ALS News Todayy

