27 mai 2026
Il y a vingt ans, nous avons réalisé un investissement audacieux et précurseur dans la technologie antisens, une approche qui n’avait encore jamais été expérimentée pour les maladies neurodégénératives. Cet investissement a abouti à la mise au point de Qalsody® (tofersen), le premier traitement ciblé génétiquement contre la SLA approuvé par la FDA.
Chez certaines personnes atteintes d’une forme familiale de la maladie, appelée SLA-SOD1, Qalsody a non seulement ralenti la progression de la maladie, mais a également montré des signes de restauration de certaines fonctions. Ce fut un tournant décisif : la preuve que la SLA peut être stoppée en ciblant ses causes biologiques.
Mais seules environ 2 % des personnes atteintes de SLA présentent une mutation du gène SOD1. Le défi consiste désormais à étendre ces progrès aux 98 % restants.
Les nouvelles données récemment publiées par QurAlis concernant son traitement expérimental QRL-201 nous donnent un aperçu de ce qui pourrait être possible.
Tirer parti du potentiel de la technologie antisens pour la SLA sporadique
Le QRL-201 est un oligonucléotide antisens (ASO) conçu pour rétablir les taux d’une protéine importante appelée stathmine-2 (STMN2), essentielle aux cellules nerveuses pour établir, maintenir et réparer leurs connexions.
Chez la plupart des personnes atteintes de SLA, qu’il s’agisse de la forme sporadique ou génétique de la maladie, les taux de stathmine-2 sont réduits car une protéine appelée TDP-43 ne remplit plus correctement sa fonction. Sans l’aide de la TDP-43, les instructions de synthèse de la stathmine-2 sont copiées de manière incorrecte, ce qui entraîne une production insuffisante de protéine fonctionnelle. Ce phénomène touche également plusieurs autres protéines, mais de nombreuses études ont montré que la stathmine-2 est la protéine dont l’expression est la plus réduite en raison du dysfonctionnement de la TDP-43.
D’après les résultats intermédiaires d’un essai de phase 1/2 mené auprès de 69 participants, le QRL-201 a permis d’augmenter les taux de stathmine-2 et a montré une « tendance encourageante » en matière de ralentissement de la progression chez les participants atteints de SLA sporadique. Cet essai se situant à un stade précoce et ayant pour objectif d’évaluer la sécurité et la tolérance, ces résultats sont préliminaires. L’efficacité du traitement devra être évaluée dans le cadre d’un essai de phase 3 à plus grande échelle.
« Ces résultats issus de l’essai clinique ANQUR concordent parfaitement avec notre compréhension de la biologie du gène STMN2 et avec le potentiel qu’offre la restauration de l’expression de ce gène pour avoir un impact positif sur la progression de la SLA », a déclaré le Dr Kasper Roet, PDG et cofondateur de QurAlis. « Nous sommes impatients de faire progresser le programme clinique du QRL-201 afin d’offrir une option de médecine de précision dont les personnes atteintes de SLA ont grandement besoin. »
Le Dr Roet, qui a été boursier postdoctoral Milton Safenowitz en 2015, est depuis longtemps convaincu que la génétique et la médecine de précision pourraient changer fondamentalement la donne en matière de traitement de la SLA.
« C’est vraiment la génétique qui m’a convaincu que la SLA est une maladie traitable », a-t-il déclaré. « Et j’en suis aujourd’hui encore plus convaincu. »
Créer un continuum d’innovation
Le QRL-201 n’est pas apparu du jour au lendemain. Son développement est le fruit d’années d’investissement dans l’ensemble de l’écosystème de recherche sur la SLA, notamment grâce au financement de notre programme de développement de médicaments « Lawrence et Isabel Barnett », qui a permis de soutenir les essais précliniques et de faire progresser ce traitement vers les essais cliniques.
Il reste encore beaucoup à faire, notamment un essai de phase 3 dont le lancement est prévu l’année prochaine, mais l’importance de ces résultats dépasse largement le potentiel d’un simple médicament expérimental. Ils reflètent les progrès qui peuvent être réalisés grâce à un investissement soutenu dans la technologie, les talents scientifiques et le développement de médicaments.
La confiance dans le potentiel de la technologie antisens s’est transformée en une innovation qui redéfinit les possibilités en matière de traitement de la SLA.
Une bourse postdoctorale a donné naissance à une entreprise de biotechnologie.
Un ASO développé en laboratoire est devenu un nouveau traitement potentiel actuellement testé dans le cadre d’essais cliniques.
« C’est ainsi que nous rendons la SLA plus supportable », a déclaré le Dr Kuldip Dave, vice-président senior chargé de la recherche. « En investissant dans les technologies de pointe, les jeunes talents et la recherche translationnelle susceptibles d’améliorer la vie des personnes atteintes de SLA aujourd’hui, tout en nous rapprochant d’un remède pour demain. »
Traduction : V. Berlaimont
Source: ALS Association

