04-04-2025
Un nouveau procédé très efficace pour effectuer cette conversion pourrait faciliter le développement de thérapies pour les lésions de la moelle épinière ou des maladies comme la SLA.
La conversion d’un type de cellule en un autre – par exemple, d’une cellule de la peau en un neurone – peut se faire par un processus qui exige que la cellule de la peau soit induite en une cellule souche « pluripotente », puis différenciée en un neurone. Des chercheurs du MIT ont maintenant mis au point un processus simplifié qui contourne l’étape de la cellule souche, convertissant une cellule de la peau directement en neurone.
En travaillant sur des cellules de souris, les chercheurs ont mis au point une méthode de conversion très efficace, capable de produire plus de 10 neurones à partir d’une seule cellule de peau. Si elle est reproduite dans des cellules humaines, cette approche pourrait permettre de générer de grandes quantités de neurones moteurs, qui pourraient être utilisés pour traiter les patients souffrant de lésions de la moelle épinière ou de maladies qui entravent la mobilité.
« Nous avons pu atteindre des rendements qui nous permettent de nous demander si ces cellules peuvent être des candidats viables pour les thérapies de remplacement cellulaire, ce que nous espérons. C’est là que ces types de technologies de reprogrammation peuvent nous mener », explique Katie Galloway, titulaire de la chaire W. M. Keck de développement de carrière en ingénierie biomédicale et en ingénierie chimique.
En guise de première étape vers le développement de ces cellules en tant que thérapie, les chercheurs ont montré qu’ils pouvaient générer des neurones moteurs et les greffer dans le cerveau de souris, où ils s’intègrent au tissu hôte.
K. Galloway est l’auteure seniore de deux articles décrivant la nouvelle méthode, qui paraissent aujourd’hui dans Cell Systems. Nathan Wang, étudiant diplômé du MIT, est l’auteur principal des deux articles.
De la peau aux neurones
Il y a près de 20 ans, des scientifiques japonais ont montré qu’en administrant quatre facteurs de transcription à des cellules de la peau, ils pouvaient les amener à devenir des cellules souches pluripotentes induites (CSPi). À l’instar des cellules souches embryonnaires, les CSPi peuvent se différencier en de nombreux autres types de cellules. Cette technique fonctionne bien mais elle prend plusieurs semaines et de nombreuses cellules ne se transforment pas complètement en types de cellules matures.
« Souvent, l’un des défis de la reprogrammation est que les cellules peuvent rester bloquées dans des états intermédiaires », explique K. Galloway. « Nous utilisons donc la conversion directe, c’est-à-dire qu’au lieu de passer par un état intermédiaire CSPi, nous passons directement d’une cellule somatique à un motoneurone.
Traduction : V. Berlaimont
Source : MIT (Massachusetts Institute of Technology)

