14 novembre 2025
Une nouvelle analyse prévoit une augmentation mondiale de 25 % de la prévalence de la SLA d’ici 2040.
Selon une nouvelle étude, en raison du vieillissement de la population mondiale et l’allongement de l’espérance de vie des personnes atteintes de sclérose latérale amyotrophique (SLA), le nombre d’individus affectés par cette pathologie devrait augmenter d’environ 25 % dans plusieurs pays d’ici 2040.
Aux États-Unis, on estime à près de 9 000 le nombre de personnes supplémentaires atteintes de SLA en 2040 par rapport à 2024, et l’introduction de nouveaux traitements prolongeant la survie pourraient encore accroître davantage ce nombre.
« Ces résultats suggèrent que la SLA, généralement classifiée comme maladie rare, touchera une part de plus en plus importante de la population mondiale dans les décennies à venir, ce qui aura des implications majeures pour la planification des soins de santé, l’allocation des ressources et la priorisation de la recherche », a déclaré le Dr Rosario Vasta, professeur adjoint à l’Université de Turin, en Italie, et premier auteur de l’étude.
L’étude, intitulée « Amyotrophic Lateral Sclerosis prevalence projection in 2040: A less rare disease » (Projection de la prévalence de la sclérose latérale amyotrophique en 2040 : une maladie moins rare) a été publiée dans la revue “Annals of Clinical and Translational Neurology”. Elle a été co-écrite et financée par l’Association ALS (l’Association SLA).
Pertinence du suivi de la prévalence de la SLA pour les soins et la santé publique
Il est essentiel de déterminer avec précision la prévalence de la maladie, c’est-à-dire le nombre de personnes atteintes à un moment donné, et de comprendre son évolution das le temps.
Dans la pratique clinique, ces données aident les médecins à évaluer la probabilité des différentes pathologies lors de l’établissement d’un diagnostic. Pour les responsables de la santé publique, les données de prévalence aident à orienter les décisions concernant l’affectation des ressources et les programmes susceptibles d’offrir le bénéfice le plus substantiel.
Comme la population vieillit et que le nombre de patients atteints de SLA vivent plus longtemps, le nombre de personnes atteintes de cette maladie est susceptible d’augmenter. La prévalence peut également augmenter plus rapidement dans certains pays que dans d’autres, en raison des disparités dans l’accès aux traitements.
« Un nombre croissant de personnes ont accès à des soins multidisciplinaires, dont nous savons qu’ils prolongent la survie et améliorent la qualité de vie », a déclaré Kuldip Dave, PhD, vice-président senior de la recherche à l’Association ALS et co-auteur de l’étude. « Une meilleure sensibilisation favorise également un diagnostic plus précoce de la SLA et l’instauration rapide de thérapies approuvées appropriées, au moment où elles sont susceptibles d’apporter un bénéfice clinique.»
Afin de mieux appréhender l’évolution potentielle de la prévalence de la SLA au fil du temps, les chercheurs ont examiné les données du registre de la SLA du Piémont et de la Vallée d’Aoste (PARALS), un registre de longue date qui suit les patients dans deux régions italiennes depuis 1995, afin d’évaluer les tendances historiques.
De 1995 et 2019, 3 294 personnes ont été diagnostiquées avec la SLA dans le Piémont et la Vallée d’Aoste. De 2005 à 2019, l’incidence, soit le nombre de nouveaux cas de SLA par an, a varié de 3,21 à 3,61 pour 100 000 personnes, et la durée médiane de survie est passée de 2,47 à 3,42 ans.
Parallèlement à l’incidence croissante et la survie prolongée, la prévalence de la SLA a également progressé, passant de 7,92 pour 100 000 habitants en 2005 à 10,55 pour 100 000 habitants en 2019.
Projection de l’évolution des cas de SLA jusqu’en 2040
Les chercheurs ont ensuite estimé la prévalence de la SLA pour chaque année jusqu’en 2040, en supposant que l’incidence et les taux de survie augmenteraient à un rythme similaire à celui observé les années précédentes.
Dans le Piémont et la Vallée d’Aoste, si la même augmentation annuelle historique était appliquée jusqu’en 2040, la survie médiane devrait atteindre 4,67 ans d’ici 2040, et le taux d’incidence devrait atteindre 3,82 pour 100 000 habitants. La prévalence de la SLA dans cette région devrait atteindre 15,72 pour 100 000 habitants d’ici 2040.
Les chercheurs ont noté que la population italienne devrait diminuer d’ici la fin de 2040, principalement en raison de la diminution du nombre de jeunes et de l’augmentation de personnes âgées. Malgré cela, le taux d’incidence de la SLA devrait augmenter à travers l’Italie entre 2019 et 2040 (3,01 contre 3,78 pour 100 000 habitants). En appliquant les mêmes allongements de survie que ceux observés dans le PARALS, la prévalence de la SLA en Italie devrait atteindre 15,91 pour 100 000 habitants d’ici 2040.
Aux États-Unis, la prévalence de la SLA devrait passer de 9,68 pour 100 000 habitants en 2024 à 11,21 en 2040, ce qui représente 8 778 personnes supplémentaires vivant avec la SLA. Lorsque les chercheurs ont appliqué un allongement de la survie estimé à six mois grâce au Radicava (édaravone), un traitement approuvé pour ralentir la progression de la maladie, la prévalence de la SLA a encore augmenté pour atteindre 12,01 pour 100 000 habitants.
Au Japon, la prévalence de la SLA était de 9,9 pour 100 000 habitants en 2009 et devrait atteindre 14,18 d’ici 2040. En prenant en compte le traitement par Radicava, la prévalence au Japon pourrait atteindre 15,32 pour 100 000 personnes.
Dans l’ensemble, la prévalence de la SLA devrait augmenter d’ici 2040 dans tous les pays étudiés, notamment l’Irlande, l’Écosse, la Norvège, Malte, Israël, la Corée du Sud, l’Autriche et la Chine.
Néanmoins, l’impact variera en fonction de la taille de la population. La Chine, avec sa vaste population, devrait par exemple connaître l’une des augmentations les plus élevées de la prévalence de la SLA (42,7 %), ce qui se traduira par 21 995 patients supplémentaires entre 2024 et 2040.
Les chercheurs ont également mis au point un outil en ligne gratuit appelé PrEALS, qui permet aux utilisateurs d’examiner comment les changements dans la survie, l’incidence, la démographie et d’autres facteurs peuvent influencer les taux de prévalence régionaux.
« Les politiques de santé publique devraient rapidement allouer des ressources afin de garantir que ces patients reçoivent les soins nécessaires jusqu’à ce qu’un remède soit trouvé », a conclu l’équipe. « Nous fournissons un cadre permettant de modéliser ces augmentations et les impacts des changements en terme de survie. »
Traduction : N. C.
Source: ALS News Today

