11 Août 2026
Les chercheurs soupçonnent depuis longtemps le système immunitaire de jouer un rôle clé dans la rupture des connexions entre le cerveau et les muscles chez les personnes atteintes de SLA.
Au Centre Les Turner pour la SLA de Northwestern Medicine, le neuroimmunologiste et professeur adjoint David Gate met cette théorie à l’épreuve. Ses recherches permettront non seulement d’améliorer notre compréhension de la progression de la SLA, mais aussi de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques pour développer des traitements révolutionnaires.
Grâce au financement de la Fondation Les Turner pour la SLA, Gate et son équipe ont séquencé l’ADN de chaque cellule immunitaire dans des échantillons sanguins de personnes atteintes des formes héréditaires (génétiques) et sporadiques (non génétiques) de la maladie. Ils ont également séquencé les cellules immunitaires de sujets témoins sains.
L’équipe de Gate a constaté que le profil des cellules immunitaires dans le sang des patients atteints de SLA semblait indiquer un état d’activation, ce qui les a conduits à vérifier si ce même dysfonctionnement immunitaire était également présent dans les tissus des patients.
Pour le savoir, ils ont étudié la moelle épinière de patients décédés grâce à une technique appelée transcriptomique spatiale. L’alignement des coupes de tissu avec le séquençage de l’ARN a permis à Gate et son équipe de cartographier les modifications du système immunitaire au niveau des motoneurones de la moelle épinière.
‘’Il est crucial de localiser l’inflammation grâce à cet outil, car dans la SLA, la communication entre le cerveau et les neurones de la moelle épinière est altérée, et nous pensons que cela est en partie dû à une inflammation des cellules immunitaires dans la moelle épinière’’, a déclaré Gate, professeur adjoint de neurologie et directeur du Centre de recherche Abrams en neurogénomique à la faculté de médecine Feinberg de l’Université Northwestern.
L’équipe de recherche a constaté que le même type de cellules immunitaires inflammées dans le sang l’étaient également dans le tissu. Cette découverte suggère que les cellules immunitaires dysfonctionnelles pourraient provenir de la moelle épinière et se propager ensuite dans le sang. Il est également possible, ou possible en complément, que la réponse immunitaire débute en dehors du système nerveux et infiltre ensuite la moelle épinière.
De plus, l’équipe a constaté une augmentation des cellules immunitaires inflammatoires dans les zones présentant une agrégation toxique de la protéine TDP-43, caractéristique de la SLA. Elle a également observé une augmentation des molécules inflammatoires chez les patients atteints de SLA dont la maladie progressait plus rapidement.
‘’Ces résultats confirment de manière très positive nos observations précédentes sur le sang, démontrant que des altérations du système immunitaire sont probablement impliquées dans la maladie’’, a déclaré Gate.
L’identification des gènes et des molécules spécifiques des cellules immunitaires impliquées dans la SLA permet aux scientifiques de concevoir des thérapies ciblées visant à réduire l’inflammation chez les patients. Gate et son équipe ont déjà suscité l’intérêt de sociétés pharmaceutiques qui espèrent développer une nouvelle thérapie ciblant le système immunitaire.
‘’Nous ne pensons pas que le système immunitaire soit la cause de la maladie, mais nous pensons qu’il l’aggrave’’, a expliqué Gate. ‘’Une thérapie qui contribue à atténuer la réponse inflammatoire devrait être bénéfique aux patients atteints de SLA’’
‘’Ce travail représente une analyse très poussée de l’interface entre le système immunitaire et le système nerveux et pourrait avoir des implications thérapeutiques’’, a déclaré le Dr Robert Kalb, directeur du Centre Les Turner pour la SLA à Northwestern Medicine.
L’équipe examinera ensuite les circuits moteurs des patients atteints de SLA, c’est-à-dire le cortex moteur, la moelle épinière et les muscles. L’analyse de ces échantillons de tissus permettra aux chercheurs d’appréhender plus globalement comment la maladie engendre des dysfonctionnements des systèmes nerveux et musculaire.
‘’Nous souhaitons approfondir notre compréhension de ce circuit moteur et déterminer si le système immunitaire perturbe réellement la communication entre le cerveau et les muscles via la moelle épinière’’, a déclaré Gate. Cette approche leur permettra également d’étudier les différences de modifications immunitaires entre les formes génétiques et sporadiques de la SLA.
Au cours des cinq dernières années, les recherches de Gate, financées en partie par la fondation, ont donné lieu à d’importantes publications scientifiques.
‘’La Fondation Les Turner pour la SLA m’a permis de débuter dans ce domaine et a joué un rôle déterminant dans notre réussite‘’ a-t-il affirmé.
Source: Fondation Les Turner pour la SLA
Traduction: Gerda Eynatten-Bové

