27 Mars 2026
Ce test pourrait également contribuer à détecter d’autres maladies neurodégénératives
• Amydis a reçu 2,5 millions de dollars pour développer un test ophtalmologique visant à un diagnostic plus précoce de la SLA.
• Ce test détecte, dans la rétine, les dépôts toxiques de la protéine TDP-43, caractéristique de la SLA.
• Cette méthode non invasive pourrait améliorer les essais cliniques et l’accès aux traitements pour la SLA.
Amydis a reçu une subvention de 2,5 millions de dollars des National Institutes of Health (NIH) pour développer un test ophtalmologique simple qui pourrait aider à détecter les dépôts toxiques de la protéine TDP-43 — une caractéristique de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et de plusieurs autres maladies neurodégénératives.
Grâce au financement de l’Institut national sur le vieillissement (National Institute on Aging) des NIH, des chercheurs analyseront le tissu rétinien — la couche photosensible située à l’arrière de l’oeil — provenant de dons oculaires et utiliseront l’intelligence artificielle pour identifier les schémas d’accumulation de TDP-43 spécifiques à la maladie.
L’objectif est de mettre au point une technique d’imagerie non invasive capable de détecter plus tôt ces dépôts protéiques et de faciliter un diagnostic plus précoce de la SLA et des affections apparentées.
« Pour les patients et les familles confrontés à la SLA et aux démences associées, le temps est un facteur crucial », a déclaré Stella Sarraf, PhD, fondatrice et PDG d’Amydis, dans un communiqué de presse de la société.
« Nous pensons que l’oeil représente une nouvelle frontière dans la détection des maladies neurodégénératives. Un dépistage plus précoce pourrait transformer le diagnostic, l’étude et à terme le traitement de la SLA et les maladies apparentées. »
La majorité des personnes atteintes de SLA présentent des anomalies de la protéine TDP-43
Le diagnostic précoce de la SLA peut s’avérer difficile, car il n’existe pas de test unique permettant de détecter la maladie. Les médecins ne parviennent généralement à établir un diagnostic qu’après avoir réalisé plusieurs examens permettant d’écarter d’autres maladies présentant des symptômes similaires.
La grande majorité des personnes atteintes de SLA présentent des anomalies au niveau d’une protéine appelée TDP-43. Cette protéine se trouve normalement dans le noyau, qui abrite l’ADN de la cellule, où elle régule l’activité de certains gènes.
Cependant, la TDP-43 prend souvent une forme anormale dans la SLA et forme des dépôts toxiques à l’extérieur du noyau, l’empêchant ainsi de remplir sa fonction normale. On pense que la perte de TDP-43 dans le noyau et les agrégats toxiques de cette protéine contribuent à la mort des cellules nerveuses.
Bien que les dépôts de TDP-43 soient une caractéristique distinctive de la SLA et d’autres maladies neurodégénératives, il n’existe à ce jour aucun test permettant de détecter la TDP-43 chez les patients vivants.
Amydis tente de résoudre ce problème en mettant au point une méthode non invasive permettant de détecter la protéine TDP-43 dans la rétine. Certaines cellules rétiniennes sont directement reliées au cerveau, et les modifications observées au niveau de la rétine reflètent souvent celles qui se produisent dans le cerveau.
Un test de biomarqueur moléculaire visant à détecter la protéine TDP-43 dans l’oeil pourrait faciliter la conception des essais cliniques et le ciblage
des médicaments, tout en accélérant le recrutement des patients dans des essais, leur permettant ainsi d’accéder plus rapidement à des traitements expérimentaux prometteurs.
La société développe un traceur oculaire fluorescent, appelé AMDX-2011P, qui se lie aux dépôts toxiques de protéines mal repliées telles que la TDP-43 et les fait « s’illuminer » lors des examens d’imagerie. Cela pourrait permettre aux médecins et aux chercheurs de mesurer ces agrégats toxiques, offrant peut-être un test pour un diagnostic plus précoce et un meilleur suivi des maladies neurodégénératives telles que la SLA.
« La détection de la protéine TDP-43 chez les personnes atteintes de SLA avant l’apparition des symptômes constituerait une avancée majeure dans notre domaine », a déclaré le Dr Merit Cudkowicz, directrice du Centre Sean M. Healey & AMG pour la SLA au Massachusetts General Hospital de Boston. « Un test de biomarqueur moléculaire permettant de détecter la TDP-43 dans l’oeil pourrait faciliter la conception des essais cliniques et le ciblage des médicaments, ainsi qu’accélérer le recrutement des patients dans les essais cliniques, offrant ainsi un accès plus rapide à des traitements expérimentaux prometteurs. »
Cette subvention de phase 2 s’appuie sur des recherches antérieures financées par une subvention de phase 1 du NIH, dans le cadre desquelles le traceur fluorescent de la société avait permis de détecter la TDP-43 dans le tissu rétinien de patients décédés atteints de SLA et d’autres pathologies.
Grâce à ce financement initial, les chercheurs ont examiné les yeux de 16 patients décédés atteints de SLA et de neuf donneurs sains. Les rétines ont été découpées et marquées avec l’AMDX-2011P et des anticorps anti-TDP-43, et les données ont montré que l’AMDX-2011P se liait fortement aux protéines TDP-43 anormales.
Amydis a également financé un essai clinique de phase 1 appelé PROBE (NCT05542576), qui a testé l’AMDX-2011P chez 13 adultes atteints de SLA ou de la maladie de Parkinson. L’AMDX-2011P a été administré par perfusion intraveineuse unique à plusieurs doses et n’a provoqué aucun effet secondaire grave. Les effets secondaires les plus courants comprenaient
des engourdissements ou des picotements, une altération du goût et une infection des voies respiratoires.
Grâce à ce nouveau financement, l’entreprise poursuivra l’analyse des rétines de patients décédés et mettra à profit l’intelligence artificielle pour définir des schémas pathologiques spécifiques à la SLA et à d’autres affections, ce qui pourrait permettre aux chercheurs de distinguer ces troubles apparentés.
Amydis pourrait également envisager de mener un essai clinique de phase 2 au Mass General afin de poursuivre l’étude de son traceur fluorescent chez les personnes atteintes de SLA.
Traduction: N. C.
Source: ALS News Today

